Prière I.
Notre premier ministre qui êtes odieux
Que nos revendications soient écoutées
Que nos allocations ne nous soient pas
Diminuées ni supprimées
Que notre volonté soit faite
Aux Assedic comme au ministère !
Donne-nous aujourd’hui
Les moyens pour vivre dignement
Tous les jours
Préparons, organisons
Notre mécontentement
Contre les réformes de ce gouvernement !
Et ne nous soumets pas d’être grognon
Car c’est à toi qu’appartient
Le pouvoir d’augmenter nos allocations
Et non de les supprimer
Tout en gagnant notre confiance
Par les urnes
Au nom du Pèze, du Fric
Et du Saint Bénéfice
Amène !
Claude Brun (APEIS du Mans),
publié dans Existence ! numéro 25, septembre 2004.

Prière II.
(...) 19. Que chacun aide un chômeur
Pour Sylvain Breuzard, président du Centre des jeunes dirigeants, tous ceux qui ont un emploi et des situations confortables devraient s’engager à suivre un chômeur, l’aider à écrire son CV, préparer un entretien, le soutenir dans sa démarche. « Cela ne coûte rien, mais cela redonne confiance. Et quand on a confiance, on retrouve plus aisément un emploi. » (...)
21. Supprimer un des impôts sur le capital
Droits de succession, impôt de solidarité sur la fortune, impôts sur les plus-values : cela fait trois taxes sur le capital. « C’est beaucoup, estime Clara Gaymard. Je ne sais pas lequel, mais il faut en supprimer au moins un des trois. » Selon la présidente de l’Agence française pour les investissements internationaux, l’argent ainsi “libéré” s’investirait dans l’économie et contribuerait à la création d’emplois. (...)
44. Faire entrer l’entreprise dans les lycées
Le vrai problème de l’emploi, c’est l’éducation, note François Moutot, directeur général de l’Assemblée permanente des chambres de métiers. En particulier, les artisans pourraient créer énormément d’emplois s’ils trouvaient des salariés correspondant à leurs besoins, formés et motivés. En effet, contrairement aux idées reçues, la mondialisation crée un appel d’air pour les fabrications de proximité ou sur mesure. « Mais pour que ces besoins se transforment en emplois, précise François Moutot, il faudrait que les responsables d’entreprises entrent dans les collèges et les lycées, et expliquent aux élèves ce qu’ils font. » (...)
48. Ouvrir des crèches !
Après un congé maternité, les femmes n’ont parfois pas envie de retourner à leur ancien emploi, note Martine Clément, PDG de la SGI. Pourquoi ne pas les aider à changer de voie et créer des crèches ? « C’est facile aujourd’hui de créer une structure privée, estime-t-elle, et notre pays en a terriblement besoin. » La France manque effectivement de places de crèches. En revanche, ouvrir une crèche -même privée- n’est pas une mince affaire. A la fois en raison de la réglementation qui encadre la garde d’enfants et aussi du coût de fonctionnement élevé puisqu’il s’agit d’une activité de main-d’œuvre. (...)
50. Indemniser seulement les vrais chômeurs
Pénaliser les chômeurs qui ne cherchent pas à retrouver du travail : c’est ce que suggère Claude Bébéar, le fondateur d’Axa. Si un demandeur d’emploi refuse trois propositions d’emploi, ses allocations devraient lui être retirées.
« La lutte contre le travail au noir effectué par des chômeurs est aussi une priorité », ajoute-t-il.
51. Mieux contrôler les chômeurs et les salariés en arrêt maladie
Pour créer des emplois, pense Sophie de Menthon, PDG de Multilignes, société de marketing téléphonique, la France doit retrouver l’envie de travailler. « Aujourd’hui, affirme-t-elle, deux chômeurs sur trois ne se présentent pas aux entretiens de recrutement proposés par l’ANPE, et les arrêts maladie ont progressé de 30%. » Pour en finir avec ce phénomène, elle suggère la création d’un organisme indépendant de la Sécurité sociale et de l’ANPE qui aurait vocation de contrôler si les chômeurs honorent les propositions d’entretiens et si les salariés en arrêt maladie restent bien chez eux.
52. Indemniser moins longtemps les chômeurs Pierre Martinet, PDG de Martinet Traiteur, est radical : il raccourcirait la période d’indemnisation des chômeurs. « Neuf mois, pas plus », dit-il. Cela réduirait les cotisations chômage des salariés. Leur revenu en serait amélioré, ce qui les inciterait à consommer. Les entreprises aussi s’en porteraient mieux : la baisse des cotisations sociales améliorerait leur compétitivité. L’Etat également ferait des économies. « Du coup, poursuit Pierre Martinet, il pourrait financer un dispositif utile pour diminuer le chômage : verser un salaire maternel aux femmes le temps qu’elles élèvent leur enfant, peut-être pendant cinq ans. » (...)
54. Favoriser les emplois familiaux
Eric Baudouin, directeur général de BPI, société de conseil en ressources humaines, en est certain. Les Français créeraient beaucoup d’emplois de garde d’enfants ou d’assistantes de personnes âgées s’ils pouvaient déduire de leur revenu imposable la totalité des salaires et des charges au lieu de 10.000 euros comme actuellement. (...)
60. Créer une Fête de l’emploi
Pour Eric Carle, créateur de la société de conseil Style.com, il est urgent d’organiser une Fête de l’emploi. « Tout le monde se mobiliserait, dit-il, et ne penserait ce jour-là qu’à faire se rencontrer des demandeurs d’emploi, des décideurs locaux, des banques, des avocats et des comptables, voire des chômeurs entre eux pour qu’ils créent des entreprises. » Grâce à cette fête organisée à la fois par l’Etat et les collectivités territoriales, chacun prendrait vraiment conscience de l’ampleur du chômage et de l’énergie à déployer tous ensemble pour trouver des solutions.
Extraits de 60 idées anti-chômage , publiées dans Le Figaro entreprises du 9 février 2004
Mots croisés. Horizontalement. (...) XII - Il est prêt à tout pour que ça tourne autrement (quinze lettres). (...)
Jeu de l’université d’été du MEDEF, août 2004.
Révolutionnaire. Quand on lui propose un autocollant, elle s’empare de celui avec “COLÈRE” écrit dessus. « Celui-là, c’est le mien », clame-t-elle, morte de rire. Quand elle prend le bus, elle ne se retient pas de prendre la parole et d’incendier l’ex-maire de Bordeaux en cédant sa place à une personne âgée : « Quand c’est un pauvre bougre qui vole un beefsteak au supermarché, on l’arrête et il finit en prison. » Elle s’appelle Gaëlle, elle a vingt ans, du caractère. Fleuriste, victime d’un licenciement abusif à l’automne dernier, les ASSEDIC viennent de lui ôter ses droits acquis précédemment. Du coup, la voilà parmi les quatre premiers dans toute la France à avoir assigné en justice. « C’est la force de la solidarité dont on se nourrit. On est des petites gens, mais on ne se laisse plus faire : la grande UNEDIC n’a qu’à bien se tenir. Ce n’est pas vrai que quand on est chômeur, on n’a qu’à fermer sa gueule. Le jour où je suis allée déposer ma plainte, je me sentais bien, mais bien. Dans un monde où plein de gens continuent de penser que, pour travailler, il suffit de le vouloir, on apporte de l’espoir, on déculpabilise les chômeurs. Moi, maintenant je vis avec 1 600 francs ; heureusement que je vis avec ma mère qui en touche 3 600. On ne peut pas continuer comme ça, dans une société où les assistantes sociales expliquent dans ces conditions que si on n’a pas assez d’argent, c’est qu’on gère mal notre budget. C’est insupportable. On montre le lavage de cerveaux subi à longueur de journées qui nous rabâche que l’on n’est rien du tout. En fait, on est des êtres humains, on a le droit d’exister, on a des droits. Ils ont beau être derrière des bureaux, ils ne réussiront pas à nous effacer, à nous enlever ce qu’on est. Il faudrait qu’ils réapprennent leurs valeurs. Trois mots en particulier : liberté, égalité, fraternité. »